La gueule de bois en cuisine !

Tout le monde connaît cette phrase. Ce soir on va boire une petite bière après le service? Et voilà comment vous voyez votre MEP le lendemain en cuisine !

La gueule de bois en cuisine !

Tout le monde connaît cette phrase.

Ce soir on va boire une petite bière après le service ?

Il est minuit et demi, vous vous dites que votre nuit est déjà bien entamée mais qu'une petite bière vous ferait du bien.

Une bière...

Alors pourquoi vous vous retrouvez à 5 h du mat à taper des Ték-paf dans le studio miteux de votre collègue du garde-manger !

Ça, c'est la partie la plus marrante, quoi que !

Mais comme tout le monde le sait.

Le plus dur c'est le lendemain, en cuisine.

 

La solidarité des cuisiniers.

On peut dire ce que l'on veut, mais s'en mettre une bonne avec ses collègues de boulot peut permettre de souder les liens d'une brigade. Et puis les règles de solidarités s'instaurent d'elles-mêmes, le premier réveillé, appelle les autres ! Si les autres ne répondent pas, on va les réveiller chez eux !

Tout cela pour quoi? Pour éviter de se faire brancher par le chef.

Et là, problème, malgré toute ces précautions, votre collègue rôtisseur manque à l'appel. Le chef se met alors à douter, à observer et viens vous poser la question fatidique :

Vous êtes sorti hier ?

Après avoir ravalé un relent de vodka Redbull, vous lui jurez que non !

Chaque membre de la brigade va y avoir droit, encore pire qu'un interrogatoire de police. Mais aucun ne lâchera le morceau !

Pour finir votre cher ami arrivera tant bien que mal. Avec lui, son haleine de poivrot et ses yeux de junkie qui assure sans conteste votre arrêt de mort :-)

Oui, on aime le produit !

Pourquoi la restauration serait-elle plus susceptible d'être touchée par le phénomène de la gueule de bois?

  • Le côté décalé des horaires: Oui quand on finit le travail à minuit, qu'est-ce qu'il reste d'ouvert à cette heure ci, les bars et les boîtes! De plus, nous les cuisiniers n'avons pas de début de soirée, en allant au restaurant, petit bar... On commence direct par les choses sérieuses. Pour, au final, recommencer le boulot dans quelques heures.
  • La cohésion d'équipe : Une petite bière pour trinquer en fin de service et c'est là que l'on tombe le plus souvent dans un traquenard.
  • Je pense également que les cuisiniers, et les serveurs (ils ne vont pas s'en tirer comme ça eux), sont quand même porté sur le produit ! Après cela reste à la base purement professionnel. Un bon vin, un excellent whisky, un subtil cognac assaisonné :-) c'est notre métier de goûter. Le risque de dérapage peut être présent, c'est sûr.

Un bon gros mal-être !

Vous arriver avec déjà 15 minutes de retard, d'un côté normal c'est le grand nettoyage ;-), aujourd'hui on brique la hotte. Bien évidemment pour dégraisser comme il faut, vous allez utiliser l'alcool à 90 c°!

C'est là où ça devient compliqué, c'est là où vous regrettez vos craquages d'hier soir, tous ces mètres de vodka caramel ne vous font plus rire ! La seule chose que vous voyez, c'est vous n'allez pas tarder à remplir la cheminée de la hotte!

Allongé par terre dans la chambre froide ou en train de dormir contre un congélateur !

Le vin rouge qui réduit, le lièvre qui se fait dépecer, ou encore les barbes de Saint-Jacques qui dégorgent. Toutes ces odeurs qui ne vous pose d'habitude aucun souci sont vos pires craintes d'un lendemain de bringue !

On récupère comme on peut !

Ce qu'il y a de formidable quand même, c'est que malgré les 2-3 heures de sommeil et les grammes dans les poches. Les cuisiniers seront (presque) toujours présent en cuisine. On ne lâche rien, on sort et on assume, c'est la règle. Après le bon gros mal de tête de 10 h 30 et la micro sieste de 1 minute sur la table du personnel à 11 h 30. La seule chose qui vous permet de tenir c'est de se dire que dans quelques heures, c'est la coupure et surtout la sieste royale qui va aller avec.

Qui n'a jamais retrouvé un collègue de boulot en train de dormir contre un congélateur ? Ou encore mieux, allongé par terre dans la chambre froide à réaliser une variante de la sophrologie. Après il faut le dire, la chambre froide reste une valeur sûre pour contrôler le mal-être qui ne va pas tarder à déborder.

Des bons moments quand même...

Ce qu'il y a de sûr, c'est que si vous passez toutes ces étapes, d'interrogatoire du chef , de mal être ultime, etc... Vous vous retrouvez tout simplement avec tous vos collègues de boulot à vous remémorer votre soirée au milieu de la cuisine. Et là, on a beau dire, ça n'a pas de prix.

Que de charrier son collègue poissonniers sur la ressemblance de sa lotte du jour avec sa conquête d'hier soir. Ou encore de voir rôder autour du resto,  la rencontre bizarre que la pâtissière à faite la veille !

Tout cela restera quand même des bons moments, parfois physique, jamais facile mais toujours plein de souvenirs (ou pas lol).

En tout cas pour finir, je joue la carte de la Murtaugh list :

bière

#HYMYM

 


Ecrit par

Romain

Romain Bonnier
Chef passionné

Je m'appelle Romain Bonnier. Je suis cuisinier de métier (comme vous ? :) ), et j'ai 29 ans. Mes parents n'avaient pas de restaurant. Ils n'étaient pas cuisiniers non plus. J'ai donc débuté seul, avec ma passion et une furieuse envie de rejoindre la grande famille des restaurateurs. De mes débuts chez Bocuse, jusqu'à ma dernière expérience parisienne dans le grand restaurant du chef Christian Le Squer, j'ai découvert un monde incroyable.

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